Les amphétamines et le méthylphénidate occupent une place singulière dans l’histoire des psychostimulants.
Découvertes dès la fin du XIXème siècle pour les premières, et au milieu du XX ème siècle pour le second…
Ces substances ont traversé des usages médicaux, militaires et sociaux très contrastés.
La molécule entre réellement dans un usage industriel en 1927 lorsque Gordon Alles la resynthétise et en démontre les effets pharmacologiques.
En 1932, elle est commercialisée sous le nom Benzédrine®, d’abord en inhalateur pour traiter la congestion nasale, puis en comprimés dès 1937 pour la narcolepsie et la perte de poids.
Les amphétamines trouvent leurs racines dans les travaux de la fin du XIXe siècle. En 1887, le chimiste Lazăr Edeleanu synthétise pour la première fois l’amphétamine, bien que cette découverte passe presque inaperçue à l’époque.
Parallèlement, au Japon, Nagajasi Nagaï isole l’éphédrine à partir du ma-huang, une plante utilisée en médecine chinoise depuis des millénaires pour ses propriétés stimulantes. [1](https://www.cortex-mag.net/la-folle-histoire-des-amphetamines/)
Durant les années 1930, les amphétamines sont également testées chez des enfants présentant des troubles attentionnels.
Certaines études montrent une amélioration temporaire de l’attention et du comportement, mais les effets cessent dès l’arrêt du traitement.
Usages intensifs et dérives : du médical au militaire
Dès les années 1930–40, les amphétamines se répandent massivement :
- comme coupe-faim,
- stimulants pour travailleurs,
- militaires, artistes ou sportifs.
En 1939, la Société des Nations indique qu’elles augmentent de 30 % la capacité de travail d’un sujet fatigué.
La Seconde Guerre mondiale constitue leur premier grand « banc d’essai ».
La méthamphétamine (Pervitin®), introduite en Allemagne en 1938,
La méthamphétamine est distribuée à grande échelle à la Wehrmacht et à la Luftwaffe pour accroître vigilance, agressivité et résistance à la fatigue.
Les autres armées belligérantes en feront également usage.
L’après-guerre voit l’explosion d’épidémies d’abus d’amphétamines aux États-Unis, en Europe et au Japon, accompagnée d’effets secondaires graves, poussant les autorités à restreindre progressivement leur utilisation.
On tente alors de développer des stimulants moins addictifs, mais la plupart seront retirés.
Le méthylphénidate : une alternative plus sûr
Leandro Panizzon, chez CIBA
dans l’objectif de développer un stimulant plus efficace que la caféine mais moins dangereux que les amphétamines alors largement utilisées. Il est commercialisé à partir de 1954, notamment sous le nom de Ritaline®.
Il gagne rapidement une place importante dans le traitement du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), devenant dès les années 1960 l’un des principaux traitements disponibles.
Son mécanisme repose principalement sur l’inhibition sélective de la recapture de la dopamine et de la noradrénaline — un fonctionnement plus ciblé que celui des amphétamines.
Le médicament présente un profil d’effets secondaires plus limité que les amphétamines et n’induit pas de dépendance comparable.
Il prend progressivement une place centrale dans la prise en charge du TDAH…
…même si son histoire réglementaire a été complexe selon les pays, notamment en France où la commercialisation s’est faite tardivement (1995).
Si les amphétamines et le méthylphénidate appartiennent à une même famille chimique et partagent certains effets stimulants…
leurs profils diffèrent nettement.
Les amphétamines, plus puissantes, induisent un risque élevé d’abus et d’effets secondaires graves.
Le méthylphénidate, mieux toléré, reste aujourd’hui un traitement de référence du TDAH,
tandis que les amphétamines sont strictement réglementées ou interdites dans de nombreux pays.
tandis que les amphétamines sont strictement réglementées ou interdites dans de nombreux pays.