En Suisse, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) n’est plus seulement une problématique pédiatrique. De plus en plus d’adultes entreprennent un bilan diagnostique, poussés par des difficultés professionnelles, émotionnelles ou organisationnelles que rien n’expliquait jusque-là. Cette tendance, bien documentée par les services de santé romands et alémaniques, bouleverse l’accès au diagnostic et met sous pression les structures spécialisées.
Un trouble sous-diagnostiqué qui persiste à l’âge adulte
Longtemps perçu comme un trouble de l’enfant, le TDAH persiste pourtant dans 50 à 70 % des cas à l’âge adulte. La prévalence chez l’adulte suisse est estimée entre 3 et 4 %, une donnée comparable aux pays voisins. Cette réalité, longtemps invisible, est désormais pleinement reconnue par les professionnels.
Des délais d’attente qui dépassent parfois une année
La conséquence directe de cette demande massive est une détérioration rapide des délais d’accès au diagnostic :
- en Suisse romande, les adultes doivent compter entre 4 et 9 mois pour obtenir un bilan neuropsychologique, et 6 à 12 mois pour une consultation psychiatrique spécialisée ;
- dans certains cantons alémaniques, l’attente peut atteindre 9 à 12 mois, voire davantage selon les périodes ;
- à Neuchâtel, la fourchette habituelle est de 3 à 6 mois, mais elle peut vite s’allonger selon la disponibilité des spécialistes.
Les professionnels décrivent un système « saturé », au point que certains centres doivent refuser temporairement de nouveaux patients.
Stimulants (première intention)
• Méthylphénidate (Ritalin, Concerta, Medikinet)
• Action rapide : amélioration de l’attention, baisse de l’impulsivité
Non‑stimulants (alternatives)
• Atomoxétine (Strattera)
• Guanfacine (surtout chez l’enfant, parfois chez l’adulte)
À retenir
Les médicaments ne « guérissent » pas le TDAH. Ils améliorent les fonctions exécutives et la régulation émotionnelle chez la majorité des patients.
Approches non médicamenteuses
Psychoéducation
• Comprendre le fonctionnement TDAH
• Apprendre à adapter l’environnement et les habitudes
Thérapies cognitivo‑comportementales (TCC)
• Gestion du temps et de l’organisation
• Travail sur l’estime de soi et les émotions
Coaching TDAH
• Mise en place de routines et d’outils pratiques
• Structuration du quotidien et des priorités
Neurofeedback
• Disponible dans certains centres
• Résultats variables selon les personnes
Approches non médicamenteuses
Psychoéducation
• Comprendre le fonctionnement TDAH
• Apprendre à adapter l’environnement et les habitudes
Thérapies cognitivo‑comportementales (TCC)
• Gestion du temps et de l’organisation
• Travail sur l’estime de soi et les émotions
Coaching TDAH
• Mise en place de routines et d’outils pratiques
• Structuration du quotidien et des priorités
Neurofeedback
• Disponible dans certains centres
• Résultats variables selon les personnes
Approches non médicamenteuses
Psychoéducation
• Comprendre le fonctionnement TDAH
• Apprendre à adapter l’environnement et les habitudes
Thérapies cognitivo‑comportementales (TCC)
• Gestion du temps et de l’organisation
• Travail sur l’estime de soi et les émotions
Coaching TDAH
• Mise en place de routines et d’outils pratiques
• Structuration du quotidien et des priorités
Neurofeedback
• Disponible dans certains centres
• Résultats variables selon les personnes
Un défi pour la santé publique suisse
La Suisse devra adapter son offre pour répondre à cette vague de demandes : renforcer les consultations spécialisées, former davantage de psychiatres et neuropsychologues au diagnostic adulte, et fluidifier les parcours d’évaluation. À l’heure actuelle, le principal obstacle n’est plus la stigmatisation, mais l’attente.
Stratégies de mode de vie
Sommeil
• Une hygiène de sommeil stable atténue fortement les symptômes
Activité physique régulière
• Impact positif démontré sur l’attention, le stress et l’humeur
Organisation numérique
• Utilisation d’agendas digitaux, timers, rappels, listes
Gestion des distracteurs
• Environnement de travail épuré
• Techniques Pomodoro ou blocs de concentration
Des traitements en forte progression
La progression des diagnostics se reflète aussi dans les traitements :
- chez les adultes, les prescriptions de psychostimulants ont été multipliées par 2,5 en dix ans ;
- en 2023, près de 92 000 personnes recevaient une médication liée au TDAH, contre environ 60 000 quelques années plus tôt.
Cette hausse ne traduit pas une « mode », mais un rattrapage diagnostique : des adultes longtemps en souffrance accèdent enfin à une explication de leurs difficultés.
Une prise de conscience tardive, mais salutaire
Recevoir un diagnostic à l’âge adulte reste une étape forte. Pour beaucoup, c’est la fin d’un long sentiment d’inadéquation. Le diagnostic ouvre l’accès à :
- une meilleure compréhension de soi,
- des outils concrets (psychoéducation, enregistrements cognitifs, coaching TDAH),
- et parfois un traitement médicamenteux, souvent vécu comme un soulagement.
Prise en charge en Suisse
Parcours de soin
• Diagnostic posé par un psychiatre ou psychologue spécialisé
• Médication prescrite uniquement par un médecin
Remboursement
• Psychiatres : remboursés par la LAMal
• Psychologues : couverture variable selon l’assurance complémentaire
• Tests neuropsychologiques : dépend du prestataire
Délais d’attente
• Entre 3 et 12 mois selon les cantons
• Hausse marquée des demandes ces dernières années